Paris

APPEL  À  MANIFESTATIONS
CHAQUE  JOUR  À  PARTIR  DU XX MAI,  À  18H00 
PLACE  SAINT-GERVAIS,  DERRIÈRE  L’HÔTEL  DE  VILLE DE PARIS

VERSION  IMPRIMABLE  DU  TRACT-MANIFESTE

UNE  FLAMBÉE  DES  PRIX  DE  L’IMMOBILIER  QUI  SEMBLE  INARRÊTABLE

En 15 ans, en moyenne, la hausse des revenus a tout juste compensé l’inflation (environ 25 %).[1, 2] Mais à Paris :

  • Le prix de vente moyen a doublé, atteignant 11 000 €/m² (soit 550 000 € pour un 50 m²) ;[3, 4]
  • Le loyer moyen des logements privés a augmenté de 40 %, atteignant 24 €/m² (soit 1 200 € pour un 50 m²), tandis que certaines nouvelles annonces exigent jusqu’à 50 €/m² (soit 2 500 € pour un 50 m²) ;[5, 6]
  • Les loyers des logements sociaux, indexés sur ceux des logements privés, ont eux aussi augmenté, atteignant en moyenne 8 €/m² pour ceux de type PLAI  9 €/m² pour ceux de type PLUS et 12 €/m² pour ceux de type PLS (soit respectivement 400 €, 450 € et 600 € pour un 50 m²).[7]

Ces trois tendances s’amplifient mutuellement. Ainsi, bien que le logement soit un droit constitutionnel de chacun d’entre nous, y compris des deux tiers de Parisiens locataires, acheter et de plus en plus louer à Paris devient hors de nos moyens.

DES  CLASSES  MOYENNES  ET  POPULAIRES  SOUMISES  À  UNE  FORCE  CENTRIFUGE

Les écarts en termes de prix des logements privés et de nombre de logements sociaux sont criants entre arrondissements centraux et périphériques.[4, 6, 7] Ne plus pouvoir habiter dans un logement privé signifie donc être chassé du centre de Paris. Ainsi, que nous soyons agents municipaux, étudiants ou travailleurs des secteurs essentiels (santé, sécurité, alimentation, BTP, transport, culture, éducation…), nous sommes pour la plupart refoulés hors de Paris.[8, 9] Notre report sur la couronne y a fait grimper les prix à la même allure qu’à Paris, tandis que notre report sur le parc social en a restreint l’accès des encore plus modestes, à commencer par les 25 000 travailleurs et aspirants travailleurs sans-domicile , parmi lesquels nombre de personnes sans-papiers en attente de régularisation.[10, 11]

UNE  GENTRIFICATION  À  TROIS  CAUSES

  • 3 % de multipropriétaires détiennent à eux seuls près de la moitié des logements privés.[12] Leurs dépenses courantes (charges, taxes, frais de gestion) n’excèdent pas 5 à 10 €/m², la différence avec les loyers constituant leur rente. Ces loueurs qui se professionnalisent considèrent les logements comme un pur produit financier. Comme au Monopoly, ils achètent parfois des rues entières. En y laissant intentionnellement certains logements inoccupés, ils provoquent une raréfaction artificielle de l’offre de logements afin de faire grimper les prix ;
  • 10 % des logements sont vacants ou constituent des résidences secondaires. Ils sont pour la plupart exclusivement dédiés à la location touristique de type Airbnb avec des tarifs prohibitifs qui tirent à la hausse l’ensemble des prix ;[13, 14, 15, 16]
  • Paris est bien plus prospère et attractive que la couronne pour les entreprises et les ménages. Ainsi, 2 emplois sur 5 y sont pourvus par des habitants de la couronne, et 1 actif sur 3 résidant à Paris travaille en couronne.[9]

UN  HABITAT  DE  PIÈTRE  QUALITÉ  ET  QUI  CONTRIBUE  AU  RÉCHAUFFEMENT  CLIMATIQUE

  • 6 % des logements privés, détenus par des occupants précaires ou des « marchands de sommeil », relèvent potentiellement de l’habitat « indigne » (c’est-à-dire jugé indécent, insalubre, dangereux ou dégradé) ;[17, 18]
  • 1 logement sur 3 est une passoire thermique, c’est-à-dire de classe énergétique F ou G, et la moitié d’entre elles sont en location.[19] En moyenne, le parc de logements est de classe E, avec une consommation d’énergie de 240 kWh/m² par an (soit 1 000 kWh par mois pour un 50 m²).[20] La rénovation de tous les logements vers la classe A ou B permettrait de diviser ce chiffre par 3 à 4. Chaque ménage économiserait jusqu’à 3 €/m² (soit 150 € pour un 50 m²) sur sa facture mensuelle.[21] Mais de telles rénovations globales sont coûteuses pour les propriétaires (jusqu’à 1 000 €/m², soit 50 000 € pour un 50 m²) ;[22]
Consommation d’énergie en kWh/m² par an [23]
  • Outre la quantité d’énergie consommée, c’est la nature de l’énergie qui pose problème. Un tiers des émissions de gaz à effet de serre du territoire parisien proviennent des logements, pour l’essentiel en raison de modes de chauffage qui utilisent des énergies fossiles, comme les chaudières au fioul et au gaz, ou encore le réseau de chaleur urbain.[24] Celui-ci est  alimenté à 95 %par des centrales d’incinération de déchets (émettrices de méthane) et des centrales à gaz ou à charbon (émettrices de dioxyde de carbone), et à seulement 5 % par des énergies renouvelables.[25]

UNE  RÉGLEMENTATION  TIMIDE  ET  QUI  NE  TRAITE  PAS  LES  CAUSES  DU  PROBLÈME

  • Alors que les aides au logement ont fondu, l’encadrement actuel des loyers et de la location touristique n’est pas suffisant pour nous faire regagner en pouvoir d’achat, pour enrayer la ségrégation spatiale ou pour encourager la rénovation énergétique. Il est par ailleurs peu contrôlé, peu sanctionné et donc peu respecté ;[26, 27]
  • Les rares créations de logements sociaux sont financées en exigeant des bailleurs sociaux qu’ils versent à l’avance à la Ville de Paris la totalité des loyers ( « capitalisés ») qu’ils comptent percevoir durant les 50 premières années de mise en location, et en privilégiant la bétonisation qui dénature Paris plutôt que la reconversion du bâti existant ;[28, 29]
  • La garantie publique VISALE a montré de nombreuses limites et toujours aucun dispositif n’empêche véritablement les expulsions locatives, les discriminations à la location et les coupures d’électricité ;[27]
  • La lutte contre l’habitat indigne se fait de manière réactive plutôt que préventive ;[30]
  • Les subventions à la rénovation énergétique sont faibles, mal connues de leurs bénéficiaires potentiels et ne sont pas conditionnées à l’atteinte d’un gain significatif de performance énergétique.[31] Dans le parc social, seuls 2 % des logements sont rénovés chaque année, là encore rarement vers la classe A ou B. ;[32]
  • Le passage à des modes de chauffage bas-carbone constitue un réel angle mort de la politique municipale.[32, 33, 34, 35]

QUE  VOULONS-NOUS  POUR  PARIS  ?

Paris doit pouvoir loger tous ses travailleurs, étudiants et écoliers, et non plus être réservé aux personnes les plus aisées. Pour sortir de ce cercle vicieux, regagner en mixité sociale, traiter dignement chaque locataire, éradiquer le sans-abrisme, intensifier l’action climatique, rapprocher lieu de vie et lieu de travail et favoriser le tourisme chez l’habitant, adressons ensemble 20 premières revendications à la Maire de Paris et aux candidats aux élections législatives à venir :

DE  NOUVELLES  RÈGLES  DE  JUSTICE…

ÉCONOMIQUE
1. Plafonnement des loyers du parc social à 5 €/m² pour les PLAI, 7 €/m² pour les PLUS et 10 €/m² pour les PLS
2. Plafonnement des loyers du parc privé à 15 €/m² pour les classes C à G et 18 €/m² pour les classes A et B
3. Plafonnement du nombre de nuitées en meublé touristique à 45 par an et de leur tarif à 2 €/m²
4. Plafonnement des prix de vente au prix médian de l’arrondissement de l’année 2021, majoré de 500 €/m² pour les classes A et B

SOCIALE
5. Accélération et simplification des procédures d’octroi et de renouvellement des titres de séjour
6. Réquisition de logements et de bureaux durablement vacants pour héberger tous les sans domicile
7. Identification et réhabilitation de tous les logements indignes d’ici 2030
8. Création d’une garantie universelle des loyers (GUL) en remplacement du cautionnement simple
9. Interdiction des coupures d’électricité au profit d’une réduction de puissance à 1 kilowatt
10. Sous-location de logements privés situés à Paris à tous les agents de la Ville de Paris désireux d’y habiter

SPATIALE
11. Reconversion du bâti pour atteindre 25 % de logements sociaux par arrondissement d’ici 2030, sans recourir à la bétonisation ni au financement par « loyers capitalisés »
12. Mutualisation de 20 % des budgets de la Ville de Paris et des communes de petite couronne, en vue d’un rééquilibrage de l’offre et de la demande de travail à Paris d’ici 2030

ENVIRONNEMENTALE
13. Octroi d’un prêt à taux zéro plafonné à 1 000 €/m² pour toute rénovation vers la classe A ou B
14. Rénovation vers la classe A ou B de 5 % des logements sociaux par an
15. Obligation de réaliser une rénovation vers la classe A ou B pour toutes les passoires thermiques en location et pour toute nouvelle vente ou succession à partir de 2025
16. Sensibilisation de tous les syndicats de copropriété aux enjeux énergétiques et climatiques
17. Alimentation du réseau de chaleur urbain par 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2030
18. Remplacement par des modes de chauffage bas-carbone de l’ensemble des chaudières collectives au fioul d’ici 2025 et de celles au gaz d’ici 2030, avec reste à charge zéro pour les propriétaires

DÉMOCRATIQUE
19. Obligation pour les copropriétés de consulter les locataires lors de chaque assemblée générale
20. Création d’une convention citoyenne locale pour le logement et le mal-logement

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SOURCES BIBLIOGRAPHIQUES

1. INSEE (2021), En 2019, le niveau de vie médian augmente nettement et le taux de pauvreté diminue

2. INSEE (2022), Taux d’inflation. Données annuelles de 1991 à 2021

3. Base BIEN Paris Notaires Services (2022), Historique des prix au m² standardisés des appartements anciens à Paris par arrondissement

 4. SeLoger (2022), Prix de l’immobilier au m² Paris

5. Observatoire des Loyers de l’Agglomération Parisienne (2022), Rapports sur les loyers

6. SeLoger (2022), Prix de location au m² Paris

7. APUR (2022), Les chiffres du logement social à Paris en 2020

8. APUR (2016), Les étudiants dans la Métropole du Grand Paris. Premiers éléments

9. INSEE (2021), Près de 60 % des actifs travaillant à Paris ne résident pas dans la capitale

10. Samu social de Paris (2020), Nombre de personnes SDF à Paris

11. APUR (2021), Hébergement d’urgence : Approches nouvelles, projets hybrides. Des exemples dans la Métropole du Grand Paris

12. INSEE (2022), France, portrait social. Edition 2021. 24 % des ménages détiennent 68 % des logements possédés par des particuliers

13. APUR (2021), 18600 durablement vacants à Paris

14. INSEE (2021), En Île-de-France, près de 400 000 logements sont vacants

15. TendanceHotellerie (2019), Monopoly VS Réalité : Dans quelles rues de Paris un appartement peut-il rapporter gros sur Airbnb ?

16. Le Point (2020), À Paris, les locations de meublés touristiques au cœur des municipales

17. APUR (2021), Paris, prévention de la dégradation du bâti. Réultats 2020

18. Institut Paris Région (2018), L’habitat indigne et dégradé en Île-de-France. État des lieux des enjeux des politiques

19. Mieux vivre votre argent (2021), Passoires thermiques : 31 % des logements parisiens classés F ou G

20. Le Parisien (2019), Facture énergétique : où sont les logements les plus performants ?

21. Pic bleu (2022), Prix officiel des énergies électricité bois fioul gaz 2022

22. ADIL de Paris (2021), Le Logement Parisien en Chiffres

23. Ministère de la Transition écologique (2022), Diagnostic de performance ébergétique – DPE

24. Ville de Paris (2020), Bilan des émissions de gaz à effet de serre de Paris

25. Le Monde (2021). Paris remet en jeu le mégacontrat de son réseau de chaleur

26. DRIHL (2022), L’encadrement des loyers à Paris

27. Fondation Abbé Pierre (2022), L’état du mal-logement en France 2022. Rapport annuel #27

28. La Tribune (2021), Les loyers capitalisés à Paris, une véritable bombe à retardement

29. France Nature Environnement Île-de-France (2018), La bétonisation s’accélère dans la métropole capitale

30. APUR (2020), La lutte contre l’habitat indigne à Paris. Bilan des actions menées de 2002 à 2018

31. Haut Conseil pour le Climat (2020), Rénover mieux : leçons d’Europe

32. Ville de Paris (2020), Plan Climat de Paris. Vers une ville neutre en carbone, 100 % d’énergies renouvelables, résiliente, juste et inclusive

33. Agence Parisienne du Climat (2019), État des lieux du parc de copropriétés chauffées au fioul à Paris

34. The Shift Project (2021), Habiter dans une société bas carbone. Dans le cadre du Plan de Transformation de l’Économie Française

35. The Shift Project (2021), La résilience des territoires. Pour tenir le cap de la transition écologique